SEXUALITÉ

PHYSIOLOGIE DU RAPPORT SEXUEL

L’être humain, comme certaines espèces animales supérieures, semble s’être débarrassé de ce que l’on pourrait appeler l’instinct sexuel au profit de la recherche de plaisir. Ce qui pousse les femmes et les hommes à avoir une sexualité, c’est la recherche du plaisir et la récompense sensorielle qui en découle. Avoir une relation sexuelle nécessite qu’un certain nombre de conditions soient réunies, d’abord le désir de l’un ou des deux (bien souvent l’un initie le jeu amoureux et l’autre y répond), des conditions d’environnement propices aux ébats avec un minimum d’intimité et des modifications corporelles liées à l’excitation, modifications qui permettront au couple l’accouplement. Le désir sexuel est essentiellement mental, lié à la vision ou l’évocation d’une scène excitante, au désir de rapprochement dans des conditions d’intimité (le soir en se couchant par exemple), à un souvenir, une odeur, un moment de détente et de plaisir partagé avec le partenaire, etc. C’est dans notre cerveau que vont naître les premiers processus de l’excitation, où vont se mêler de multiples informations comme nos souvenirs liés au sexe, un nécessaire état d’abandon (les circuits de vigilance liés à une possible agression doivent se déconnecter) puis la région centrale de notre cerveau (l’hypothalamus) va, comme un chef d’orchestre, commander nos différents organes pour les rendre aptes à la relation sexuelle. Il reste alors une dernière condition à vérifier : cela est-il possible ici et maintenant ? Là, les lobes frontaux de notre cerveau vont en décider ; cette partie du cerveau commande entre autres choses la notion de jugement moral. En fonction de notre éducation, plus ou moins stricte, de nos blocages vis-à-vis du sexe, de nos fantasmes transgressifs (exhibitionnisme par exemple), de la perte de contrôle (alcoolisation), nous donnerons alors suite ou pas aux ébats sexuels. Un minimum de « lâcher prise » est nécessaire à une relation sexuelle épanouissante ; si les psychologues le disaient depuis très longtemps, les études en neurosciences les plus récentes confirment : pas d’orgasme sans lâcher prise ! Lors de l’excitation sexuelle, il est classique de décrire plusieurs phases : la phase d’excitation, moment où un certain nombre de modifications corporelles se produisent, la phase de plateau où les modifications sont à leur maximum, phase qui dure plus ou moins longtemps selon l’expérience des couples à faire durer le plaisir, puis la phase orgasmique (qui peut être répétée chez certaines femmes) et enfin la phase de résolution où les phénomènes de l’excitation disparaissent. Le phénomène le plus évident de l’excitation sexuelle est une dilatation des vaisseaux sanguins au niveau du petit bassin et du sexe, c’est ce qui va donner l’érection chez l’homme et la lubrification vaginale chez la femme par exemple. Cette dilatation des vaisseaux ne touche pas que les organes génitaux mais aussi la peau ; ce qui provoque chez certaines à la peau claire une rougeur sur le décolleté, une sensation de chaleur (quand on fait l’amour, on repousse volontiers les draps qui nous tiennent chaud) ainsi qu’une transpiration accrue. Sur le plan général, on constate une accélération du cœur, une augmentation de la salivation, une dilatation des pupilles des yeux (une lumière tamisée est plus agréable alors). L’effet de cette vasodilatation est spectaculaire au niveau génital, on assiste à un léger gonflement des grandes lèvres ainsi qu’à une petite modification de la coloration chez les peaux claires, mais surtout à un gonflement des petites lèvres qui prennent un aspect charnu et coloré, entourant l’entrée du vagin. Le capuchon qui recouvre le gland clitoridien devient plus marqué et le clitoris gonfle, le diamètre du gland clitoridien augmente d’environ 30 %. Le flux sanguin dans le clitoris augmente considérablement, provoquant une légère tension sur toute sa longueur, soit une dizaine de centimètres. Les bulbes clitoridiens, contenus entre les branches clitoridiennes se gonflent également (voir illustration). La paroi vaginale est extrêmement riche en petits vaisseaux ; sous l’effet de leur dilatation, va se produire un liquide qui traverse la paroi (transsudat) qui va venir lubrifier le vagin. Il faudra un peu de temps pour que ce liquide atteigne la vulve. La paroi vaginale va également se relâcher, notamment le fond permettant une certaine dilatation vaginale avec augmentation de la profondeur vaginale, alors que l’entrée vaginale subit moins ce phénomène, donnant alors au vagin une forme comme une ampoule. La sécrétion des glandes de Bartholin qui entourent l’entrée du vagin ne participe que très peu à la lubrification vaginale, arrivant assez tardivement lors de l’excitation. Au niveau des seins, on constate souvent une contraction des mamelons et des aréoles, pas toujours spontanée mais très fréquente après stimulation. Certaines femmes parfois présentent un léger gonflement des seins quand l’excitation a pu durer un certain temps. Beaucoup de femmes apprécient la stimulation des mamelons lors des jeux amoureux, certaines très excitées ont pu percevoir un orgasme, parfois même lors de la tétée. Les derniers travaux en neurosciences ont montré que la stimulation des mamelons pouvait activer les zones sensitives du cortex cérébral, du clitoris et du vagin. Arrivé à ce stade, le couple va littéralement jouer avec son plaisir, l’idée étant de ne pas atteindre l’orgasme trop vite (en tout cas pour l’homme en raison de la perte de l’érection et de la phase d’inexcitabilité que l’homme ressentira après avoir joui). La durée de ces jeux est très variable selon les circonstances, l’expérience et les souhaits du couple

L’ORGASME

Décrire l’orgasme est quelque chose d’extrêmement difficile, tant se mélange une sensation subjective de plaisir, de bien-être et de satiété consécutive à la décharge de certains de nos centres cérébraux à cette occasion. Pour faire simple, l’orgasme serait la cascade de phénomènes cérébraux et corporels (musculaires) qui se produisent à un certain moment, la jouissance serait l’ensemble des phénomènes subjectifs ressentis à cette occasion. La femme est dotée d’un organe exclusivement destiné au plaisir sexuel : le clitoris. Une stimulation adéquate est capable de provoquer du plaisir puis un orgasme. A la différence des animaux, la station debout a progressivement modifié le sexe des femmes et le clitoris s’est éloigné de l’entrée vaginale et n’est donc plus excitable directement par le pénis lors du coït. De nombreuses femmes sont également capables de ressentir un orgasme par la pénétration vaginale, il existe encore un débat pour savoir ce qui est stimulé lors de la pénétration. Enfin d’autres pratiques sont capables de conduire les femmes à l’orgasme comme la sodomie pour certaines, le fantasme et la pratique de contractions des muscles qui entourent le vagin, grimper à la corde, faire des abdominaux, la stimulation des mamelons, etc.
De très nombreux écrits ont été consacrés au point G, zone qui se situe à l’intérieur du vagin, à quelques centimètres de profondeur, sur la face antérieure (vers le clitoris). La réalité anatomique n’a jamais été clairement démontrée ; néanmoins de nombreuses femmes trouvent la stimulation de cette zone extrêmement voluptueuse. Le premier auteur a avoir décrit cette sensibilité est Ernst Graffenberg dans les années 1950 et il pensait clairement que cette sensibilité était liée à l’urètre (le petit canal qui vide la vessie) rapportant même le fait que certaines patientes introduisaient de petits objets dans leur urètre. Au début des années 1980, 3 auteurs anglo-saxons vont reprendre ses travaux et baptiser cette zone point G en son honneur, oubliant au passage l’urètre féminin. 30 ans plus tard, malgré de nombreuses publications, la situation n’a que peu évolué, les experts préfèrent dénommer cette zone « complexe clitorido-urétro-vaginal », signifiant ainsi qu’il est difficile de spécifier exactement ce qui est stimulé, tout en admettant que l’association d’une stimulation des branches internes du clitoris, de la paroi vaginale et de l’urètre procure des sensations voluptueuses.
Le point G résume-t-il la sensibilité vaginale ?
Non, il ne faut pas oublier la dimension musculaire dans la perception du plaisir, autour du vagin existent des muscles puissants que l’on peut contracter volontairement, c’est le plancher pelvien. La contraction de ces muscles augmente le ressenti et le plaisir sexuel. Certaines femmes, en croisant les jambes, en contractant ces muscles et en faisant un mouvement d’avant en arrière du bassin arrivent à déclencher un orgasme. Par ailleurs, de nombreuses femmes rapportent la survenue d’orgasmes lorsque la pénétration va en profondeur dans leur vagin ; c’est le fait de stimuler le fond vaginal qui semble alors déclencher l’orgasme. L’origine de ce type d’orgasme n’est pas très clair, néanmoins certains travaux suggèrent la participation du système nerveux végétatif (qui n’obéit pas à la volonté) dans la survenue de cet orgasme profond. Les femmes qui connaissent cette sensation semblent particulièrement l’apprécier et ont tendance à adopter des positions qui permettent cette pénétration profonde.
Classiquement, l’orgasme se traduit en premier lieu par une contraction musculaire des muscles péri-vaginaux et parfois des abdominaux, qui provoque alors un discret mouvement en flexion du tronc ; cette contraction est suivie immédiatement d’autres contractions environ toutes les 0.8 secondes, l’intervalle ayant tendance à augmenter entre les contractions, le nombre de contractions variant de 3 à 10 selon les individus. Une majorité de femmes jouissent en fermant les yeux, on peut également percevoir des contractions musculaires au niveau du visage. Beaucoup d’autres réactions peuvent survenir au cours de l’orgasme, comme parfois des mouvements incontrôlés, le corps étant agité de spasmes ; certaines vont émettre quelques cris, d’autres peuvent aller jusqu’au très spectaculaire phénomène de femme fontaine, en expulsant au moment de l’orgasme une quantité de liquide souvent impressionnante (un verre). Enfin certaines femmes vont vivre authentiquement un orgasme mais beaucoup plus discrètement, seuls quelques soupirs venant ponctuer leur jouissance.
Certaines chanceuses vivent parfois un état orgasmique qui dure plus longtemps, fait d’une succession de petits orgasmes qui s’enchaînent pendant une à deux minutes pour une stimulation minime et dénommé « status orgasmus ».
La survenue de l’orgasme, hormis le plaisir procuré, permet de faciliter le phénomène de détumescence après l’amour. Lors d’une forte excitation, non suivie d’orgasme, des phénomènes de pesanteur et d’inconfort, voire de douleurs pelviennes peuvent parfois persister quelques heures.

LES PREMIERS RAPPORTS : QUE LUI CONSEILLER ?

Symboliquement, le premier rapport sexuel est un moment important dans la vie d’une femme ; néanmoins force est d’avouer que sa réalisation pratique n’est pas toujours inoubliable ! L’âge moyen du premier rapport sexuel n’a pas changé depuis 30 ans et se situe entre 17 et 18 ans, même si le nombre de premiers rapports précoces tend à augmenter. La maturité de la jeune femme est un élément clé pour un passage à l’acte réussi. Cependant les jeunes filles manquent bien souvent d’éducation ou possèdent une information erronée véhiculée par des fausses croyances ou les médias (pornographie). L’information fournie au sein des collèges et lycées est bien souvent insuffisante, voire inexistante. Le gynécologue, le médecin traitant et le médecin du centre de planification peuvent être des interlocuteurs de choix pour répondre aux diverses questions de la jeune fille, qui peut être reçue seule. Afin que les premiers rapports se passent au mieux, il est nécessaire que les 2 partenaires se sentent prêts avec une confiance et un respect mutuel, il est préférable que les 2 partenaires en aient parlé ensemble avant et que chacun ait envie de le faire ; si ce n’est pas le cas, il est impératif de savoir dire « non », même au dernier moment. Le choix d’un lieu confortable et intime avec un timing adapté permettant de prendre son temps sans être dérangé est nécessaire au bon déroulement de l’acte. L’orgasme chez la jeune fille est rarement présent, moins de 3% lors du premier rapport et fera l’objet d’un apprentissage progressif vers une sexualité épanouie. Concernant les fausses croyances, la rupture hémorragique de l’hymen est possible mais reste exceptionnelle, près de 50% des femmes ne saignent pas lors du premier rapport. Le premier rapport n’est pas non plus forcément douloureux, et encore moins lorsque le temps des préliminaires a été suffisamment long pour laisser monter l’excitation et permettre la lubrification vaginale. Néanmoins, le stress peut parfois être à l’origine d’une panne de lubrification ; ne pas hésiter alors à recourir à un lubrifiant lors des premières fois. L’acte sexuel doit être un moment voluptueux et plaisant, mais il n’est pas sans risque. Ces risques, tels que les infections sexuellement transmissibles (IST) et les grossesses non désirées, doivent être connus afin de les prévenir et d’éviter de transformer ce moment agréable en point de départ de problèmes potentiellement graves, car malheureusement un seul rapport suffit (et parfois même sans pénétration). L’état émotionnel lors d’un rapport parfois impromptu peut faire parfois oublier les précautions les plus élémentaires, il semble préférable d’être prête à cette éventualité : en pratique, avoir déjà des préservatifs à disposition, même si certaines sont gênées de cette « préméditation ». Aujourd’hui, la double protection associant une contraception orale de type pilule et l’utilisation systématique du préservatif est recommandée. Avec le respect des règles d’utilisation et une pose correcte, le préservatif masculin ou féminin est la seule protection contre les IST. Lorsque le couple est stabilisé, la décision commune de ne plus mettre de préservatif peut être prise après réalisation de plusieurs tests sanguins (VIH, hépatite, …). En cas de rapport à risque, il est impératif de consulter rapidement afin de réaliser un dépistage sérologie et de prendre la pilule du lendemain (efficace jusqu’à 5 jours après le rapport). De plus, la vaccination contre le virus HPV chez la jeune fille avant les premiers rapports sexuels protège contre les précancers du col de l’utérus et les condylomes (verrues).

QUAND FAIRE L’AMOUR FAIT MAL

Faire l’amour devrait être une source de plaisir, mais cela est parfois gâché pour certaines femmes par la perception de douleurs lors de la pénétration. Dans certains cas, l’origine de ces douleurs est évidente, mais parfois ce n’est qu’au terme d’une véritable enquête que l’on pourra en trouver l’origine. Dans tous les cas de figure, cela affecte la vie sexuelle du couple ; bien souvent la partenaire se met dans une situation d’évitement de la sexualité, lui se sent alors rejeté, ce qui peut provoquer parfois quelques tensions dans le couple ; elle finit par se sentir responsable de cette situation et culpabilise.
A part la première fois, où la douleur de la défloration est très diversement ressentie d’ailleurs, il n’est pas normal d’avoir mal lors des rapports. Consulter son médecin devient nécessaire, même si l’on est toujours un peu gênée avec ce type de problème. Il est important autant que possible d’essayer de bien décrire le problème à son médecin : s’agit-il d’une douleur à l’entrée du vagin, dès les tentatives de pénétration ou plus tardivement, est-ce que cela brûle, démange ? Présence de pertes ? Est-ce que la pénétration est possible malgré la douleur ? Y a-t-il des douleurs en dehors de la sexualité, par contact des vêtements par exemple ? Possibilité d’utiliser ou non des tampons ? Les douleurs apparaissent-elles plutôt au cours de la pénétration profonde, inconfort voire douleurs dans certaines positions, douleur plus sourde, plus profonde, plus diffuse ? Depuis combien de temps ces douleurs existent-elles ? Classiquement on décrit des douleurs superficielles, à l’intromission, et des douleurs profondes, quand le pénis au fond du vagin fait bouger l’utérus, les ovaires, la vessie.


Les douleurs superficielles :

Lors du premier rapport, la déchirure de l’hymen peut-être ressentie plus au moins douloureusement. Ceci est normal, les rapports seront encore « sensibles » les jours suivants puis tout s’estompera ; ceci est parfaitement normal. Parfois les douleurs sont importantes, avec une rupture impossible ou incomplète de l’hymen qui peut être trop épais, voir un peu fibreux. La mise ou le retrait difficile de tampon peut parfois être un signe de cet hymen épais. Une toute petite intervention locale, sous anesthésie locale, permet de sectionner cet hymen récalcitrant et tout rentre dans l’ordre.
Les infections de la vulve et du vagin avec l’inflammation qui les accompagne sont sources de douleurs lors des rapports ; encore une fois, rien de très grave mais il est indispensable de traiter cela sérieusement. Les infections à répétition, comme les mycoses et les infections vaginales, représentent un facteur de risque vers une vulvodynie, douleur orificielle plus chronique (voir plus loin). Dans ce cas, un traitement prolongé peut être mis en place pour éviter ces infections récidivantes. Parfois, une petite bride de la fourchette vulvaire liée à l’anatomie de chacune, ou une bride secondaire liée à une épisiotomie peut être source de douleurs ; on y trouve après les rapports des petites fissures (comme les gerçures aux coins des lèvres) qui sont sources de douleurs. Petit truc à savoir : si vous consultez pour des douleurs à l’entrée du vagin, ayez un rapport sexuel la veille, ces petites fissures sont alors évidentes, après quelques jours elles ne seront plus visibles !

Le cas particulier des vulvodynies

Les vulvodynies représentent la première cause de douleurs lors des rapports ; il s’agit d’une affection complexe. La définition officielle est un inconfort vulvaire, le plus souvent décrit comme des brûlures, apparaissant en l’absence d’affection vulvaire visible ou de désordre neurologique spécifique. Ce trouble n’est pas rare. Selon certaines études, 8% des femmes en souffriraient, une fois sur deux cela commencerait avant 25 ans et trois fois sur quatre avant 35 ans. Les patientes se plaignent de douleurs spontanées ou, au contact des vêtements serrés, de brûlures, de picotements et douleurs lors des rapports. Cette douleur peut être suffisamment intense pour déclencher un vaginisme (voir ce terme) rendant toute pénétration impossible. L’origine semble multifactorielle ; il existe beaucoup d’hypothèses mais assez peu de certitudes. Au niveau des muqueuses, il existerait un processus inflammatoire ayant pour conséquence la prolifération de fibres nerveuses sensitives et algogènes. L’afflux de sensations douloureuses déclencherait un mécanisme au niveau de notre cerveau, qui aurait tendance à amplifier le phénomène et à déclencher des mécanismes de défense contre la douleur (évitement sexuel). La persistance de ces phénomènes douloureux engendrerait stress et hypertonie musculaire du périnée, hypertonie qui elle-même augmenterait les perceptions douloureuses. Le traitement en est complexe, associant traitements locaux, anti-douleurs, kinésithérapie périnéale et souvent prise en charge sexologique.

Douleurs lors des rapports et ménopause

20 % des femmes ménopausées actives sexuellement souffriraient de dyspareunie. Cela est attribué à un manque d’hormones qui fragilise les tissus, diminue le flux sanguin génital et provoque un certain degré d’atrophie vulvo-vaginale. Néanmoins, d’autres facteurs peuvent intervenir, notamment sur les plans affectifs et relationnels. Il est de coutume de dire que la vie sexuelle après la ménopause est très dépendante de ce qu’elle était avant !

Les douleurs profondes :

Dans ce cas, les douleurs sont perçues uniquement quand le pénis va loin en profondeur, ce qui effectue une mobilisation des organes pelviens comme on a pu le voir en échographie ou par scanner.
La femme préfère alors éviter certaines positions, source d’inconfort ou de douleurs. Dans ce cas, il faut toujours rechercher une affection gynécologique, au premier rang l’endométriose (voir ce terme) une infection des trompes (salpingite) ou de l’utérus (endométrite), un kyste de l’ovaire, parfois une déchirure du ligament large (syndrome de Masters & Allen) après l’accouchement traumatique d’un gros bébé. Une pathologie colique ou vésicale peut être responsable également de douleurs (colite, diverticulose, inflammation, adhérences).

LE VAGINISME, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Le vaginisme pourrait se définir comme une peur panique de la pénétration, conduisant la femme qui en souffre à adopter différentes stratégies pour éviter toute pénétration. Ce cas de figure représente la presque totalité des vaginismes ; il existe une autre catégorie rare où seule la pénétration du pénis est impossible, s’intégrant plutôt dans un terrain d’immaturité affective. Le vaginisme secondaire, qui est arrivé après une période de rapports, est à mettre à part, le plus souvent consécutif à une longue période de douleurs lors des rapports (dyspareunie). Dans le vaginisme primaire « phobique », la peur de la douleur est au premier plan chez ces femmes qui souffrent très souvent d’un manque d’information quant à leur propre sexe et sa représentation, l’idée d’un vagin beaucoup trop petit pour accueillir le pénis de l’homme est quasi-constante. Ceci active une angoisse, voire une panique, vis-à-vis de la douleur et de la déchirure imaginées par ces femmes. Les conduites d’évitement sont assez classiques, la vaginique recherche l’intimité sexuelle mais panique à l’idée de la pénétration, ainsi elle retirera la main de son compagnon qui caresse son sexe de peur qu’il n’essaie subrepticement d’introduire un doigt dans son vagin, gardera les genoux serrés lors des ébats, parfois se laissera convaincre, mais la contraction forte des muscles de son périnée rendra infructueuse et douloureuse toute tentative de pénétration. L’examen gynécologique reste difficile, la pose d’un spéculum quasi impossible. Bien entendu, la vaginique n’utilise pas les tampons périodiques, impossibles à introduire. Le compagnon n’est parfois pas choisi au hasard, préférant un compagnon doux et compréhensif. La souffrance de ces femmes est grande, souffrant souvent d’un manque de compassion face à ce qui semble naturel aux autres ; « faites un effort » ont-elles souvent entendu. A l’origine de la consultation, on retrouve le plus souvent une crise dans le couple, face à l’absence de progrès la patiente craint pour l’avenir de celui-ci, parfois c’est le désir d’enfant qui la motive. La fréquence dans la population générale est estimée à environ 1% des femmes en âge de procréer, mais représente de 6 à 15% des consultantes en sexologie. L’origine de ce vaginisme « phobique » n’est pas univoque, chaque femme a son histoire, néanmoins il ressort souvent qu’entre l’enfance et l’adolescence existe une phase de découverte de son propre corps, particulièrement le sexe, tant il paraît mystérieux et émotionnellement fort et que cette étape a manqué dans la maturation de cette jeune fille. Cela peut être consécutif à des interdits moraux et ou religieux très forts ; parfois un fait anodin passé inaperçu, plus rarement un traumatisme. La proportion que cela prend alors dans l’esprit de la jeune fille bloque toute velléité de découverte. Une jeune patiente confiait un jour qu’adolescente elle avait introduit un petit crayon dans son vagin pour explorer son corps, malheureusement le petit crayon lui avait échappé des doigts et avait disparu dans son vagin ! Panique alors, qu’allait-elle raconter à sa mère ? Heureusement le petit crayon était réapparu après quelques poussées, mais quelle frayeur rétrospective ! Cela marqua la fin de ses expériences. Que dire des grandes sœurs qui racontent la nuit de noce à la petite sœur, avec force détails horrifiques ! La prise en charge est maintenant assez bien codifiée, cela passe par l’écoute des vaginiques qui doivent pouvoir exprimer leurs angoisses, par un dialogue afin de retirer les idées fausses qu’elles peuvent avoir, par une éducation sexuelle et anatomique et surtout par un travail sur le corps avec prise de conscience de leur périnée et de leur vagin, utilisation de dilatateurs vaginaux. Il faut savoir que le vaginisme est un symptôme sexuel qui se guérit bien, les femmes ne doivent plus hésiter à consulter.

SEXUALITÉ À LA MÉNOPAUSE ET APRÈS…

Aujourd’hui, l’augmentation de l’espérance de vie, l’amélioration de la qualité de vie après 50 ans, l’éducation et l’évolution des mœurs font que la plupart des femmes se soucient de garder une activité sexuelle épanouissante après la ménopause. Il est habituel de dire que la qualité de vie sexuelle après la ménopause dépend pour beaucoup de ce qu’elle était avant la ménopause. S’il existait par exemple une conjugopathie avant, l’arrivée de la ménopause peut servir de prétexte pour abandonner toute vie sexuelle. A l’opposé, même dans le cas d’une bonne entente, les modifications liées aux bouleversements hormonaux vont influer sur la sexualité. Il existe une grande inégalité devant le vieillissement, mais aussi devant son vécu ; alors que certaines femmes ont l’impression de perdre en féminité et de ne plus se sentir désirables ; pour d’autres la ménopause se présente comme une libération du risque de grossesse (abandon de la contraception) et du rituel des règles, source d’un regain de sexualité avec un corps toujours désirant et un imaginaire toujours aussi riche. Globalement, pour beaucoup de femmes, la sexualité en post ménopause reste très agréable et pleinement satisfaisante.
Il faut distinguer deux périodes : ce qu’on appelle la péri-ménopause, c’est-à-dire des premiers signes à l’installation complète de la ménopause, avec son cortège, au début, de règles capricieuses puis plus tard de bouffées de chaleur, d’hypersudation, de troubles du sommeil, d’irritabilité… moins propices au climat amoureux. La sècheresse vaginale peut rendre les rapports sexuels difficiles et douloureux. La diminution de l’imprégnation hormonale vaginale peut entraîner un retard de la lubrification durant la période d’excitation : en effet alors que la femme à 20 ans a besoin de moins de 30 secondes pour avoir une lubrification complète, ce même résultat peut nécessiter plus de 2 minutes après la ménopause. Néanmoins tout ceci peut être compensé par un traitement adapté. Sur le plan sexologique, certaines femmes se plaignent d’une diminution du désir et ceci pourrait être expliqué parfois par la diminution du taux de testostérone (hormone du désir) mais également par des facteurs psychologiques, se sentant moins désirables et désirées. Le cap de la ménopause dans la vie d’une femme correspond à une période de la vie où par exemple les enfants vont prendre leur autonomie, quitter le domicile familial ; elle va se retrouver seule face à son compagnon, pour peu qu’elle ait beaucoup investi dans ses enfants et qu’il existe une conjugopathie, cela peut déboucher sur un sentiment de vide (syndrome du nid vide décrit par les psychologues) et aboutir à un état sub-dépressif, peu propice à l’épanouissement sexuel. A l’opposé, celle qui voit là une nouvelle liberté, reste active, voit plus ses amies comme dans une nouvelle vie, se sentant désirable a plus de chance d’être désirante. L’attitude du compagnon est également importante à ce sujet. Souvent le compagnon a le même âge, voir est plus âgé ; lui-même peut souffrir de soucis de santé (diabète, trop de cholestérol, problèmes de prostate, dépression) qui peuvent influer sur la qualité de ses érections. L’homme, face à ces pannes, sombre souvent dans une phase de renoncement et d’évitement après une phase d’échecs à répétition. Cette phase de renoncement est d’autant plus mal interprétée qu’elle s’accompagne souvent d’une perte des gestes de tendresse et d’attention de la part d’un compagnon qui se sent diminué par ses pannes d’érections. De nombreuses études l’ont confirmé, les pannes masculines altèrent la qualité de vie sexuelle de leur compagne. A contrario, le traitement de ces pannes améliore la qualité de vie de ces femmes.
Concernant les orgasmes, alors que certaines femmes se plaignent d’une diminution de leur fréquence et de leur intensité, il est important de noter que pour d’autres le nombre d’orgasmes a augmenté après la ménopause et que certaines ont connu leur premier orgasme à cette période.
Le traitement hormonal substitutif de la ménopause, les traitements vaginaux luttant contre l’atrophie et la sècheresse, les substituts à la testostérone, les lubrifiants chez la femme peuvent pallier ces difficultés et permettent au couple de conserver une sexualité ludique et épanouissante. Après 70 ans, apparaît un nouveau phénomène : le vieillissement organique et tissulaire. Les corps vieillissent et les capacités d’avant ne sont progressivement plus les mêmes. L’image corporelle est altérée, 78% des femmes évoquent le manque d’attractivité comme source d’absence de sexualité, les hommes n’étant que 58 % à le mentionner. L’amour, la tendresse et la complicité du couple permettent de trouver un nouvel équilibre. Et même si la fréquence des rapports sexuels diminuent et que les capacités techniques ne sont plus les mêmes, une sexualité épanouissante est encore présente chez beaucoup de couples âgés. Pour finir, citons une étude sur 27 000 personnes âgées de 40 à 80 ans, 68% des hommes et 60% des femmes âgés de 70 à 80 ans sont favorables à un traitement pour apprécier la sexualité.